
A une semaine du départ du Raid EDHEC, nous vous proposons de faire connaissance avec la marraine de cette 22ème édition, Caroline Chaverot. Alors que cette Franco-Suisse n’a réellement commencé la pratique du trail qu’en 2012, elle décrochera la première place aux Championnats de France de Trail deux ans plus tard : sacrée progression ! Absente sur le Raid, elle participera aux Mondiaux de Trail qui se dérouleront chez elle, à Annecy, pour lesquels toute l’équipe du Raid EDHEC lui souhaite bonne chance !
- Quand as-tu commencé le trail à haut niveau et qu’est-ce qui t’a poussé dans le monde du trail ?
J’ai commencé le trail en 2012 (mon 1er trail était en mai de cette année). Ce qui m’a attiré dans le trail, c’est le contact avec la nature, les possibilités presque infinies de découverte de différents chemins, montagnes et paysages, mais aussi la relative facilité d’organisation qu’offre cette discipline : pas de matériel lourd et complexe à transporter, une paire de baskets aux pieds et c’est parti ! Et en une heure, on a déjà fait une belle séance de dépense physique ! Pour une jeune maman de 3 enfants, c’était le sport le plus adapté.
- Justement, dans l’univers de l’ultra-trail, beaucoup de femmes sont jeunes et sans enfants. Toi tu as une famille, comment fais-tu pour tout gérer et t’entraîner au quotidien ?
Les deux premières années (2012 et 2013), je ne consacrais pas plus de 5 à 7 heures par semaine au trail. Par contre, les enfants étaient vraiment petits, donc cela demandait déjà une sacrée organisation, d’autant plus que j’ai allaité longtemps mon 3ème enfant (jusqu’à 2 ans ½ !). Depuis l’an dernier, j’ai doublé ma charge d’entraînement donc, même si les enfants grandissent un peu, cela devient toujours plus compliqué. Mon mari prend beaucoup le relais, mes parents sont eux aussi bien investis dans la garde de leurs petits-enfants et, surtout, j’ai des horaires un peu découpés au travail qui me permettent de m’entraîner entre midi et deux. Ce qui fait que mon entrainement n’empiète jamais sur la vie familiale en semaine. Mais c’est certain que les enfants prennent un temps et une énergie importants et que je ne peux pas m’entraîner autant qu’une femme sans enfants. Je vois d’ailleurs bien la différence quand mes parents les prennent 2 ou 3 jours !
- Tu as remporté 11 victoires en 2013 (notamment le 80 km du Mont Blanc, la CCC et l’Endurance Trail des Templiers) ainsi que la Maxi Race d’Annecy, avant de devenir championne de France de trail en 2014. Quel bilan tires-tu de cette (excellente) saison 2014 ?
En 2013, je ne me suis jamais mis la pression. Je pratiquais le trail en sport loisir, sans me fixer d’objectifs de victoire ou me placer en position de leader ou championne ayant quoi que ce soit à défendre ou à prouver. Après ma belle saison 2013, j’ai abordé la saison 2014 avec beaucoup d’espérances, mais j’ai vécu beaucoup de malchances (maladies, accident, etc..). J’ai aussi découvert la pression et cela n’a pas toujours été facile à gérer. J’ai aussi fait quelques erreurs dans ma préparation et mes ravitaillements, bref, je poursuivais mon apprentissage. J’espère en tirer les fruits en 2015 !
- Tu as aussi connu quelques petits soucis physiques… As-tu eu des périodes de doute ?
Je vis constamment avec le doute ; c’est d’ailleurs un de mes problèmes. Je m’entraîne maintenant dur et, parfois, les résultats sont décevants. Il y a de quoi douter. Mais le doute bien géré peut aussi faire avancer, si on tire les leçons de ses défaillances ou ses faiblesses.
- Tu te prépares pour les Mondiaux de Trail à Annecy, à quoi ressemble une journée d’entraînement type ?
Il y a peu de « journées-type » car j’essaie de varier les séances. Mais je dirais que ma journée la plus communément répétée est : réveil à 6h30, travail jusqu’à 11h30 ; entrainement de 1h45-2h15 au Salève (une montagne que je peux rejoindre depuis le stade où je me change en 4 km de course à plat). Là je fais soit 2 montées de 650m de D+, soit un entrainement de fractionné en côte, soit un travail de descente. Ensuite je reviens au stade en courant, je mange à la va-vite en me douchant, puis je retourne au travail jusqu’à 16h40. Le soir, après avoir couché les enfants à 20 heures, je ne manque jamais mes 30mn d’étirements, parfois complétés par du gainage. Le week-end ou le mercredi, j’essaie de faire du vélo ou parfois une sortie de 2-3 heures en montagne ; mais je profite aussi de ces jours de congé pour faire des activités avec mes enfants.
- Quels sont tes objectifs pour ces mondiaux?
Faire une superbe course, en pleine forme, qui me laisse sans regrets. Après, le résultat suivra.
- Quel est ton meilleur souvenir de trail ?
J’ai déjà pas mal de bons souvenirs, que ce soit des belles sorties d’entraînement ou des compétitions. L’arrivée de ma CCC 2013 reste probablement mon meilleur souvenir, avec toute cette foule et cette atmosphère incroyable.
- Pourrais-tu être tentée de participer à un raid multisports ? Si oui, quelle serait l'épreuve que tu appréhenderais ?
Oui, je pense que le raid me plairait beaucoup. Mais les descentes en VTT me poseraient quelques soucis, car j’en ai un peu perdu l’habitude.
- Quelles sont les courses qui te font le plus envie prochainement ?
Le Lavaredo, l’Eiger Ultra Trail et l’UTMB, qui sont à mon programme cet été me font franchement très envie. Après, il y a beaucoup d’autres courses qui me motivent beaucoup : la Transvulcania, l’ITT, la TDS…
Dernière; mise � jour : 20/05/15 par Géraldine; Eber